Les traitements

Pourquoi la chirurgie ne suffit-elle pas pour traiter les cancers ?

 

La tumeur cancéreuse n’est en général que le symptôme d’une maladie. En effet, lorsque nous établissons le diagnostic, les métastases sont en général déjà en place, même si elles ne sont pas encore visibles.

 

Le cancer peut donc être défini comme une maladie qui se développe sur deux plans :

 

  • sur un plan local : c’est la tumeur mère développée dans un organe et ses ganglions régionaux.
  • sur un plan général : ce sont les métastases.

 

L’importance de ces deux niveaux est différente. Sur le plan local, les thérapeutiques sont en général efficaces. Ce sont la chirurgie et la radiothérapie. Elles sont capables de détruire ou d’enlever les tissus malins développés dans un organe et, parfois, de neutraliser également les ganglions envahis. Toutefois, ces thérapeutiques sont incapables de traiter des diffusions métastatiques.

 

Le plan général est le plus important pour  trois raisons :

 

  • un décès en rapport avec un cancer est presque toujours dû à des complications occasionnées par les métastases,
  • les cellules qui constituent ces métastases sont plus malignes et plus résistantes que celles qui formaient la tumeur mère,
  • par conséquent, les thérapies que nous avons à disposition sont moins performantes.

Ce sont principalement la chimiothérapie, l’hormonothérapie, les antifacteurs de croissance et l’immunothérapie.

 

La chirurgie ne suffit pas parce que c’est  une thérapie locale et que la maladie cancéreuse est une affection générale dans la majorité des cas, du moins au moment où a lieu l’intervention chirurgicale.

Les observations de  WAREN-COLE démontraient que des cellules migrantes existaient même en cours d’intervention. En outre, selon des travaux américains récents, 60% des femmes opérées d’une tumeur du sein inférieure à 2 centimètres, sans atteinte ganglionnaire et en rémission complète depuis  au moins 5 ans, présentaient des cellules malignes dans les prélèvements effectués dans leur moelle osseuse.

Nous devons retirer deux enseignements de ces études :

  • la fiabilité de l’étude des ganglions est très insuffisante et l’explication est maintenant connue.
  • il faudra ajouter systématiquement des thérapies                «  générales » autour de l’acte opératoire.

Dans un certain nombre de cas,  l’acte chirurgical peut guérir un cancer : en effet, par chance, il peut avoir été exécuté avant qu’une métastase ne soit parvenue à se greffer. C’est ainsi que des personnes atteintes de tumeurs du sein de grade 1 sont en vie plus de 40 ans après une intervention. Là, il existe une notion très surprenante : certaines tumeurs, rares malheureusement, ne semblent pas vouloir former de métastases. Les cas, peu fréquents, de ces patientes qui n’ont jamais voulu se soigner de leur tumeur mammaire et qui 30 ans plus tard, présentent localement des tumeurs monstrueuses, sans métastases décelables, nous obligent à nous interroger.

 

A ce jour, même si elle n’est pas suffisante, la chirurgie est dans la majorité des cas indispensable dans la stratégie du traitement des tumeurs dures (à l’opposé se trouvent les maladies du sang et de la lymphe, par exemple la leucémie ou les lymphomes) et j’ajouterai qu’elle est probablement, l’un dans l’autre, la technique thérapeutique la plus fidèle. Je veux dire par là que la chirurgie a ses limites en cancérologie, mais ce qu’elle sait faire, elle le fait bien. Il suffit que nous ne lui demandions pas ce qu’elle n’est pas capable de faire.

 

Or,  là encore, il y a un « mais ».

La chirurgie n’est pas codifiée de façon satisfaisante par rapport à ce que nous savons en oncologie générale, elle n’est pas utilisée au mieux et surtout au bon moment, toujours en fonction des données récentes de la science.

Nous allons expliquer pourquoi.

1- Un traitement des micro-métastases , dénommé NEO ADJUVANT, doit précéder en général le bistouri. Cette stratégie devrait être presque systématique puisqu’il est évident, comme nous l’avons montré auparavant, qu’il existe des cellules migrantes ou qui ont déjà migré. Mais cela est rarement pratiqué.

2- Le choix du moment favorable n’est pas une élucubration, choisir le moment favorable est difficile mais ce n’est pas insurmontable. Beaucoup plus difficile est de le faire admettre et respecter par l’équipe chirurgicale.

Pour le définir, il faut tenir compte de divers paramètres, par exemple :

a) de l’état général du patient et en particulier de la santé de son système immunitaire.

b) des biorythmes du malade. Le plus simple est de suivre ces rythmes au niveau des lymphocytes, nom donnés aux globules blancs. Quelques équipes pratiquent expérimentalement l’application de chimiothérapie adaptée à certains rythmes. Par exemple, il a été démontré que l’Adriamycine est plus efficace vers 8 heures du matin et que le Platine est mieux toléré après 17 heures.

c) des cycles menstruels . Ceci est d’autant plus important que l’intervention porte sur des tumeurs qui risquent d’exprimer des récepteurs hormonaux. On devrait en tenir compte en particulier lors des interventions de tumeurs du sein.

 

3- plusieurs points de la stratégie chirurgicale face aux tumeurs sont discutables. Il s’agit en particulier :

- du curage ganglionnaire,

- du second « look »,

- de la réduction tumorale.

 

Le curage ganglionnaire consistait à enlever chirurgicalement le maximum de ganglions  des chaînes lymphatiques qui drainent la région où se développe la tumeur. Il y a 30 ans, ces curages étaient des mutilations énormes. Aujourd’hui, ils sont réduits jusqu’à, dans certains cas, se contenter d’un ganglion test (déterminé par injection de produits de contraste colorés), appelé ganglion sentinelle.

 

Mais il faut aller encore plus loin et reconnaître que ce ganglion sentinelle n’a pas l’importance que veulent bien lui donner les chirurgiens oncologues.

« les cellules migrantes ont trois voies possibles, les lymphatiques certes, mais aussi les veines et les artères ».

 

D’autre part, depuis que les phénomènes de l’angiogenèse sont mieux connus, l’on sait que les métastastases émigrent d’abord par voie sanguine grâce à la porosité des néovaisseaux.

Un ganglion sentinelle envahi ne fait que confirmer ce que nous savons déjà. Un ganglion sentinelle indemne ne prouve rien.

Il est donc logique  que les essais ne montrent pas de différence en termes de survie entre les patientes ayant un ganglion sentinelle positif et celles qui ont un ganglion sentinelle négatif, et celles qui ont subi un curage conventionnel.

 

Le « second look » consiste à pratiquer chirurgicalement une vérification générale de la cavité abdominale après un traitement  ayant associé la chirurgie à la chimiothérapie et mis le patient en rémission clinique. C’est le cas des cancers de l’ovaire. Si cliniquement la patiente va bien, si les marqueurs biologiques sont normaux et si la RMN et éventuellement le PET SCAN ne décèlent aucune anomalie, on pratique, environ 6 mois après la première intervention, cette vérification ou « second look ». On ouvre à nouveau la cavité abdominale et l’on vérifie avec les mains, avec les yeux, qu’il n’existe aucune lésion sur les parois, sur le péritoine, sur les organes comme le foie. Certes, on peut le faire maintenant par des techniques moins agressives, par exemple par laparoscopie. On fait des prélèvements et on lave la cavité avec du sérum physiologique que l’on récupère précieusement. L’on envoie tout cela au laboratoire d’anatomopathologie, qui recherchera au microscope des cellules cancéreuses. L’expérience et le temps ont montré que, dans la plupart des cas, ces tumeurs récidivent souvent, même avec des « second look » négatifs. En outre, l’on sait fort bien que tout acte opératoire, même mineur, toute anesthésie, entraînent des sidérations momentanées des défenses immunitaires.

La réduction tumorale chirurgicale, sur le plan carcinologique pur, n’a aucun sens. En cancérologie, l’indication de la chirurgie est celle de « nettoyer tout », au moins localement.

Dans certains cas, une réduction de la masse tumorale, encadrée par le traitement médical adapté, peut représenter un avantage important. Il en est ainsi dans le cas des cancers de l’ovaire mais aussi dans le cas de certains sarcomes des tissus mous à évolution très lente.

 

Pourquoi la radiothérapie ne peut être en général qu’une thérapie d’appoint, parfois importante, mais presque toujours insuffisante ?

               

La radiothérapie a fait des progrès dans l’instrumentation, la physique, la radiobiologie, les schémas de traitement et les applications thérapeutiques curatives et palliatives.

 

Il faut admettre que même s’il existe des indications incontournables, la radiothérapie, jusqu’ici, est la technique de traitement la plus agressive et la plus morbide dans le temps et il est ridicule de ne pas l’admettre. Je dis bien dans le temps, car les complications les plus débilitantes apparaissent progressivement sur une durée de 5 ans.(publications de Rubin P. CASATT2)

 

Il est vrai que la technique de la radiothérapie moderne s’est énormément affinée et que ces complications , si elles existent toujours, ont diminué en intensité et fréquence. D’autre part, nous avons des moyens , malheureusement encore peu utilisés par la médecine académique, pour encore diminuer les problèmes et protéger les patients.

 

Indications de la radiothérapie :

 

Les conditions, disons « idéales », pour décider d’une radiothérapie considérée comme curative, sont au nombre de quatre :

 

  1. Type histologique sensible à la radiothérapie. Par exemple, les épithélioma ou les spino-cellulaires sont très sensibles aux radiations alors que  les adénocarcinomes le sont beaucoup moins. Cela a pour conséquence l’obligation d’augmenter les doses totales d’irradiations dans le cas de ces derniers et donc, du même coup, d’augmenter la toxicité.
  2. Lésion de petite taille permettant un champs limité et une meilleure concentration des radiations.
  3. Bien vascularisée. Plus elle sera vascularisée plus la quantité d’oxygène sera  importante et plus la radiothérapie sera efficace.
  4. Éloignée d’organes ou de tissus ne supportant pas ou peu les radiations. Ceci est capital. En effet, certains tissus de l’organisme ne peuvent supporter des doses importantes d’irradiation, par exemple la moelle osseuse, le cœur, les organes glandulaires, le cerveau. Si la lésion se trouve voisine de ce type de tissu, les doses appliquées devront être limitées et ne seront pas suffisantes pour la détruire totalement.
  5. Absence de lésions métastatiques. Comme nous l’avons vu, c’est très rare.

 

Finalement ces conditions sont  donc rarement sinon jamais réunies.

Restent deux types d’ indications « adjuvantes » qu’il ne faut pas oublier car elles sont extrêmement utiles dans la panoplie thérapeutique .

Dans le premier type, on ne vise plus la « guérison » au moyen de la radiothérapie seule ou associée a une chirurgie. La technique fait alors partie d’une association thérapeutique réunissant par exemple chimiothérapie et radiothérapie avec ou sans acte chirurgical. C’est le cas par exemple  des stratégies thérapeutiques utilisées dans le cas des cancers digestifs ou l'on associe la radiothérapie à la chimiothérapie et l’anti-angiogenèse.

Le second type d’indications concerne  les métastases. Dans de nombreux cas, la radiothérapie permet de jouer sur le confort (douleurs). Dans d’autres situations, la radiothérapie reste le seul moyen actuel d’atteindre la métastase. C’est le cas par exemple de lésions osseuses ou surtout cérébrales.

 Comment agissent les radiations ionisantes, c’est à dire la radiothérapie ?

L’association des radiations et de l’oxygène qui se trouve dans la zone irradiée, provoque la formation de radicaux libres et d’enzymes qui vont provoquer des ruptures de l’ADN des noyaux des cellules visées ou prises dans le champ prédéfini avant le début de la radiothérapie.

La cellule dont l’ ADN est rompu va mourir .

On peut diminuer les effets secondaires grâce à des nouvelles techniques, mais celles-ci ne sont disponibles que dans peu d’hôpitaux  car encore considérées comme expérimentales pour raisons surtout financières. Si le fait de faire de nombreux champs d’irradiations et des doses très fractionnées est maintenant généralisé , des techniques nouvelles comme la modulation d’intensité ou l’ asservissement à la respiration sont encore utilisées exceptionnellement.

 

Mais un traitement de soutien en cours de thérapie et surtout un traitement de récupération sont  également important pour à la fois protéger et récupérer des effets  secondaires immédiats et tardifs. Des substances telles que la vitamine A, les rétinoïdes, la vitamine E, le glutathion, les Omega 3 et 6 et certaines plantes  peuvent être d’une grande aide une fois que la radiothérapie a été terminée ( depuis au moins 3 semaines).

 

«  Pourquoi la radiothérapie est un  traitement à lui seul insuffisant »?

C’est simple. Tout comme la chirurgie, la radiothérapie est un traitement ciblé et local, je dirai même encore plus, peut-être, que la chirurgie car il ne peut être utilisé qu’une seule fois. En effet, lorsque des tissus ont subi une dose dite seuil, c’est à dire la dose maximum  qu’ils puissent supporter, cette dose ne s’éliminant jamais,  il est hors de question d’irradier à nouveau, et ceci toute la vie durant. 

 Pourquoi faut-il revoir le mode d’application et les principes actuels de la chimiothérapie ?

 La chimiothérapie est le traitement des tumeurs ou plus exactement de la maladie cancéreuse par des substances chimiques cytotoxiques. C’est donc un traitement général qui va pouvoir en principe traiter les métastases.

Ces substances n’épargnent pas malheureusement les tissus sains de l’organisme. Cette absence de toxicité sélective représente la difficulté majeure de l’utilisation de cette arme thérapeutique.

Le problème est donc d’arriver à réaliser une chimiothérapie qui lésera le moins possible les tissus sains tout en gardant son efficacité.

Les indications de la chimiothérapie peuvent se classer en 2 groupes :

1-Le traitement des maladies perceptibles (métastases décelables).

2-Le traitement des maladies imperceptibles, c’est à dire sans signes de dissémination

Son application se fera soit:

-après traitement local (chimiothérapie adjuvante)

-avant tout traitement local (néo-adjuvante). C’est évidemment l’indication la plus importante sur le plan stratégique. C’est là ou la chimiothérapie peut influer sur les résultats dans le temps.

D’emblée, une remarque capitale : « l’activité d’un médicament anticancéreux chez l’homme demeure en grande partie imprévisible ».

 Cela explique l’obligation de pratiquer des essais d’application clinique, appelés expérimentations.

Mais malgré celles-ci, ce problème est loin d’être complètement résolu car la médecine académique oublie un détail déterminant: les patients sont tous différents et les tumeurs sont toutes différentes. Il en découle une loi incontournable mais semble-t-il “ignorée” par la cancérologie classique : le protocole de traitement doit être adapté à chaque patient et sera donc différent pour chaque cas. Cela sous-entend que les protocoles standard dits « internationaux »  sont la négation de la bonne stratégie en chimiothérapie anticancéreuse. Le Prof. Lucien ISRAËL  l’a formulé plus élégamment :

« Pour moi, le protocole est le triomphe de la médiocrité ».

 Pour une efficacité maximum, il faut respecter des lois dans l’application de la chimiothérapie.
.

Première loi: Il faut toujours associer 3 à 4 produits différents dans un protocole (polychimiothérapie).

 

  • Pour augmenter les chances d’efficacité,
  • Pour éviter les résistances ou, du moins, les retarder,
  • Pour utiliser les propriétés diverses des produits (cycle cellulaire) et créer des potentialisations entre ceux-ci.

La sensibilité aux drogues anti-tumorales observée entre cellules tumorales et cellules normales permet au chimiothérapeute d’être à la fois efficace et inefficace dans le traitement des cancers. Efficace, parce qu’il est possible de faire diminuer la masse tumorale sans trop léser les autres tissus. Inefficace, car l’un des problèmes les plus épineux rencontrés en chimiothérapie est la croissance de cellules résistantes  parfois dès la première chimiothérapie ou au cours des traitements répétés. Or, l'on a remarqué que les tissus normaux ne développaient jamais de résistance aux produits anticancéreux. Cela veut dire que la cancérisation d’une cellule s’accompagne d’une augmentation de sa sensibilité aux produits mais lui permet aussi de devenir résistante. On commence d’ailleurs à savoir pourquoi (plasticité du génome). Quel que soit le protocole de traitement et le type de cancer, plus grande est la masse tumorale, plus petite est la chance d’obtenir une rémission complète. L’explication est simple. Plus le nombre de cellules est grand plus il y a de probabilité qu’il existe des cellules résistantes ou potentiellement capables de devenir résistantes.

 

L’association des divers produits doit être réfléchie. Elle doit s’appuyer sur les possibilités de potentialisation qui existent et avec lesquelles l'oncologue doit jongler. Ainsi, l’on sait que le Platine s’accorde avec la Bléomycine, l’Holoxan, le Fluorouracile et le Taxol. Le Méthotrexate  se potentialise pour sa part avec le Thiotepa et la Novantrone avec le Vepeside.

Certains produits utilisés dans certains protocoles seraient incompatibles si on les associait. C’est le cas par exemple de la cortisone et du Cyclophosphamide ou Endoxan.

Deuxième loi: La technique de l’effet-dose utilisée encore préférentiellement par la plupart des équipes hospitalières ne tient plus la route scientifiquement parlant.

Tout d’abord, au sein d’une tumeur , les cellules ne sont pas semblables ou ne le sont plus. Même si elles se développent à partir d’une seule cellule, au cours des multiplications et divisions, certaines d’entre elles mutent. Le résultat est qu’au sein de la tumeur existent plusieurs familles de cellules appelées clones. Ces clones ont des vitesses de multiplication différentes, lentes ou plus ou moins rapides.

Pour être efficace sur tous les clones,  il faut que les produits de chimiothérapie demeurent longtemps dans l’organisme, attendant que les cellules arrivent au moment favorable de leur division. La majorité des produits anti-cancéreux n’agissent en effet qu’au moment de la division cellulaire.

Le schéma ci- après illustre les deux façons d’appliquer la chimiothérapie.

  • soit suivant le mode effet-dose : courbe au trait plein présentant un dôme très élevé qui montre l’hypertoxicité. Le temps où le produit est efficace est court.
  • soit suivant un mode semi-continu ou continu : ligne pointillée qui montre une toxicité très diminuée et un temps très allongé de l’efficacité du produit.

 

grafico

 

Troisième loi : il est nécessaire que les antimitotiques pénètrent dans la cellule pour la détruire.

En d’autres termes, plus la dose sera forte et appliquée sur un temps court (effet-dose), moins les produits pénétreront dans la cellule et plus réduite sera l'efficacité du produit dans le temps. Ceci a été démontré par la recherche: "plus la concentration du produit dans le liquide qui baigne la cellule cancéreuse sera importante, et moins il pénétrera dans la cellule".

Il faut donc étaler l’application dans le temps. Prenons le cas du Cisplatine, produit de base dans de nombreux protocoles. On peut l’administrer soit en 15 minutes (dose 100 mg par exemple) et vous obtiendrez la courbe pleine dessinée ci-dessus, soit sur 5 jours à raison de une heure par jour (dose 25 mg par jour) et vous obtiendrez la courbe en pointillés ci-dessus.

Ainsi, l’on peut constater que des produits phares de la chimiothérapie (Adriamycine, Fluoro-uracile, Cisplatine, Bleomycine, Vincristine, Vepeside, Holoxan, Thiotepa, etc.) sont beaucoup  plus efficaces et moins toxiques si appliqués d’une façon différente.

 

Quatrième loi: Le protocole doit s’adapter au patient et non l’inverse.

Nous sommes tous différents et les tumeurs sont toutes différentes.

La difficulté est que nous ne connaissons pas vraiment la réelle efficacité des produits en fonction de chaque individu, même si les expérimentations cliniques donnent une idée plus ou moins vague des pourcentages de réponses favorables.

Le principe d’avoir un examen histologique précis  pour pouvoir établir un protocole, thèse soutenue par nombre d’oncologues actuels, est pour moi  inexact et plus que discutable.

La démonstration est facile.

Prenons au hasard 4 localisations diverses de tumeurs et vérifions les produits qui seraient utilisés. Vous constaterez que 80% de ceux-ci (au minimum) sont identiques!

Alors pourquoi devoir attendre parfois des semaines sinon des mois avant de commencer une chimiothérapie d’urgence?


Cinquième loi: Il faudrait tenir compte des rythmes biologiques.

Il n’est plus à démontrer l’importance du rythme circadien et son influence sur l’efficacité et la toxicité des produits antimitotiques. Les travaux du prof. H. Rushesky au NCI de Bethesda sont maintenant publiés et font référence. Ainsi, l’on sait que l’Adriamycine est plus efficace vers 8 heures du matin, que le Cisplatine est moins toxique si on le passe après 17 heures. On peut ainsi mathématiquement déterminer des « instants favorables » à partir des rythmes de la courbe leucocytaire comme l’a démontré Pinel.

Il en est de même avec le cycle menstruel de la femme. (4° Congrès international sur la chimiothérapie, 3-5 février 1993 à Paris).

Cependant, il ne faut pas se faire d'illusions: les problèmes techniques sont trop importants et je vois mal les hôpitaux tenir compte de tels détails pour le moment, et probablement encore pour un certain temps.

Sixième loi: associer des produit adjuvants spécifiques qui ont des qualités importantes pour aider le patient à supporter les traitements et éventuellement augmenter les effets.

 

Peut-on traiter les cancers avec des thérapies alternatives ?

« Celui qui guérit a raison » (HIPPOCRATE) Qui, aujourd'hui, peut être assez prétentieux et paranoïaque pour affirmer guérir le cancer ?

La cancérologie conventionnelle obtient difficilement plus de 25% de guérisons réelles.

La médecine dite non conventionnelle ne guérit pas le cancer. Les produits présentés comme des thérapies « alternatives », ce qui sous-entend capables de remplacer, ne peuvent en aucun cas représenter un traitement spécifique des cancers. Les médecins raisonnables ont toujours prôné « la convergence » des deux médecines.

La cause des débordements des deux médecines, académique et alternative ou parallèle, est la même, toujours la même : l’intérêt financier.

La médecine conventionnelle n’ayant pas encore, dans de nombreux cas, la solution, les patients souffrant de cancers et leur proches sont en quête, très justement,  d’une autre issue à l'impasse dans laquelle ils se trouvent piégés.

Certaines substances ou thérapies classées comme non conventionnelles peuvent être très intéressantes sur le plan du soutien, de la potentialisation ou de la protection du malade face aux thérapies agressives conventionnelles. C’est pourquoi le Dr LAGARDE a toujours parlé de convergence des moyens thérapeutiques et d’unification des deux  médecines.

Nous envisagerons ici quelques unes des thérapies qui présentent d’incontestables qualités. Elles s’appuient maintenant sur des bases scientifiques sérieuses et ont un recul parfois important.

 

Les enzymes du professeur Max WOLF

 

Max WOLF est le chercheur à qui l’enzymothérapie doit son envolée.

C’est au sein du Biological Research Institute de New York que WOLF, épaulé par Helen BENITEZ, travailla plus de 10 ans sur les hydrolases.

Max WOLF put alors énoncer logiquement que l’apport de certaines hydrolases, en quantité et en qualité adéquates, constituait une mesure médicale fondamentale pour le rééquilibre des perturbations de la santé.

Deux associations d’enzymes se décantèrent particulièrement, l’une étant plutôt active sur les maladies inflammatoires.

On leur donna le nom d’enzymes Wolf-Benitez, puis d'enzymes WOBE.

De nos jours, elles existent encore sous le nom de WOBEMUGOS et WOBENZYM.

Si les enzymes ne représentent pas le produit miracle, ils sont sans  conteste possible intéressants dans le traitement de toutes les pathologies et en particulier dans les cancers.

Cependant, il ne faudra pas attendre de miracle de cette thérapie, seulement une aide intéressante.

Leur qualité principale est, à mon avis, leur capacité à potentialiser certaines thérapies comme la chimiothérapie, la radiothérapie, l’immunothérapie et l’antibiothérapie.

 

Le Viscum Album de Rudolf STEINER

Il s’agit du gui, cette plante parasite des arbres, thérapie de base de la médecine anthroposophique.

 

L’anthroposophie est une science de l’esprit fondée par R. STEINER qui permet d’investiguer les domaines suprasensibles de la réalité.

La thérapie basée sur les différentes variétés de Viscum, issue de cette école, a des qualités.

 

On utilise des extraits de Viscum d’arbres différents: pommier, pin, et, en particulier, de chêne.

Ces différentes préparations sont livrables à des concentrations allant de st.7 à st. 5%.

 

Les études ont montré que les différentes variétés de Viscum  avaient deux propriétés principales :

1 – immuno-stimulante,

2 – cytostatique et cytotoxique par des composés : viscotoxines et lectines. Or, pour être utilisable en thérapie anticancéreuse, il faudrait administrer des doses qui seraient très toxiques, voire trop toxiques.

 

Cette thérapie est appliquée presque systématiquement dans le but de stimuler les défenses immunitaires lorsqu’elles en on besoin. Il ne faut pas débuter un traitement par Viscum si les défenses immunitaires sont très basses, le résultat risque d’être exactement l’inverse de ce que vous espériez. Des défenses immunitaires trop « fatiguées » risquent alors de s’effondrer totalement. De même des défenses trop excitées sous l’action du Viscum risquent de se paralyser par excès. C’est pourquoi il est à mon avis impératif d’évaluer l’état du système immunitaire avant tout traitement à l'aide de cette thérapie.

Ceci est facilement réalisable grâce à la cancérométrie de Vernes. Le coefficient immunitaire des Vernes doit être impérativement au dessus de –20 et au dessous de +15.

Devant un système immunitaire affaibli, le premier geste d’un thérapeute ne doit pas être de le stimuler à l’aveugle, mais de recharger l’organisme du patient en minéraux assimilables. En effet, le moteur immunitaire pour fonctionner a besoin d’abord « d’essence » : les minéraux. Sans elle, le « démarreur », en l’occurrence le Viscum , ne réussira pas à faire partir le moteur.

De plus, la recherche fondamentale a soulevé un point d'interrogation inquiétant. Dans le cas du cancer, nous nous posons actuellement la question suivante: "le système immunitaire serait-il favorable à la progression du cancer?" LINK

Le VISCUM ALBUM n’est pas un  traitement qui peut avoir une action directe et spécifique sur les cancers. Il est utile pour rééquilibrer un système immunitaire affaibli et peut probablement jouer un rôle intéressant dans la prévention des cancers.

 

Les physiatrons synthétiques de Jean SOLOMIDES

 

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire mouvementée des physiatrons synthétiques appelés aussi PS , je rappellerai que c’est Jean SOLOMIDES qui les a mis au point.

Les physiatrons synthétiques sont composés de:

 

  • substances capables de modifier ou de solubiliser les glycoprotéines qui entourent et protègent la cellule cancéreuse. Solomidés prétendait même qu’elles pouvaient attaquer et léser la membrane même (?). Ces substances, même si elles pourraient avoir une certaine action favorable sur les cellules malignes, ont la plupart du temps de grande difficultés à rejoindre leur voisinage. La plupart des molécules choisies par Solomidès avaient pour but de créer une action de péroxydation au niveau de la membrane cellulaire. Il avait ainsi créer différentes variétés de médicaments. Certains d’entre eux contenaient des antimitotiques ou des hormones .

 

  • l’E.R.P. ou éther-oxyde-ricino-polyoxyethylénique tiré de l’huile de ricin et du polyoxythylène-glycol, va jouer un triple rôle. Le premier, de représenter le véhicule idéal pour transporter les substances choisies jusqu’aux cellules malignes. Le deuxième, d’avoir la capacité, comme un enzyme, de lyser et disperser la couche de glycoprotéines qui entoure et protège la membrane cellulaire. Le troisième, de posséder une action immunologique au niveau des lymphocytes B. Enfin, certains travaux en cours font penser qu’il aurait une action « reverse » , c’est à dire qu’il pourrait comme la vitamine A et les rétinoides, pousser la cellule à retourner vers la normale (différenciation).

Les P.S. , s’ils ne guérissent sûrement pas les cancers, ont de remarquables qualités qui peuvent nous aider énormément en cancérologie.

 Il possède une véritable valeur thérapeutique permettant  de potentialiser les thérapies anticancéreuses ( chimiothérapie, radiothérapie ,immunothérapie), de diminuer l’inflammation et par voie de conséquence la douleur, et enfin,  de favoriser la cicatrisation.

Nous utilisons au Centre SH de Saint Marin le polyoxythylène-glycol durant les traitements de chimiothérapie, par voie orale, le FISIATOP afin de potentialiser l'action des anti mitotiques, de diminuer l'inflammation.

 

Le “cocktail” du Professeur DI BELLA

 

Bloquer les facteurs de croissance: une voie intéressante et d’avenir.

L’affaire Di BELLA, qui secoua il y a quelques années  l’Italie,

son « cocktail » associait diverses substances ou médicaments qui avaient pour mission de bloquer les facteurs de croissance des tumeurs. Sa conception du traitement consistait à :

1- Bloquer les récepteurs aux oestrogènes pour les femmes (Nolvadex par exemple)  et aux androgènes pour les hommes ( Androcur par exemple).

2- Bloquer la prolactine  ( Parlodel)

3- Administrer une hormone, la Somatostatine en semi continu ou continu

4- Administrer de la Mélatonine

5- Prescrire un antimitotique oral: ENDOXAN ou VEPESIDE

6- Faire prendre une préparation à base de rétinoïdes sous forme d’un sirop.

 

DI BELLA n’a fait qu’appliquer des notions connues depuis au moins 20 ans par la science médicale. Sa proposition thérapeutique est empreite de logique et peut dans certains cas avoir une certaine efficacité, mais n'est certainement pas la solution miracle.

Un grand nombre de chercheurs et de médecins de valeur et sincères sont tombés dans le même piège, et DI BELLA comme les autres, celui de croire et de déclarer trop vite ou/et trop catégoriquement qu’ils avaient découvert comment « guérir »le cancer.

 

 

 

 

Le vaccin du Professeur MARUYAMA

 

Le professeur MARUYAMA , ancien doyen de la Faculté de Tokyo, est mort il y a quelques années. Il avait consacré près de 30 ans à étudier la tuberculose et la lèpre, mettant au point un vaccin contre cette dernière. S’étant aperçu que son vaccin freinait la prolifération  des cellules malignes, MARUYAMA eut l’idée de l’utiliser dans le traitement des cancers. Il obtint des résultats encourageants dans un premier temps sur les cancers de l’estomac, qui sont fréquents au Japon, puis sur les cancers de la peau.

Depuis, le vaccin a été expérimenté dans de nombreux types de cancers. Les patients placés sous vaccin après utilisation des autres thérapies (chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie) ont des durées de survie augmentées de façon significative (stabilisations très longues, jusqu’à 10 ans dans les glioblastomes, les tumeurs du pancréas et les cancers de l’estomac).

Il existe 3 types de vaccins : A, B, C. Le vaccin C est réservé au traitement de la lèpre.

Les vaccins A et B sont utilisés dans le traitement des cancers dans les hôpitaux nippons.

Il s’agit du même produit (substance extraite de la membrane du bacille de KOCH et constituée d’un polysaccharide et d’un acide nucléique), mais présenté sous deux concentrations différentes :

- A = 1,00  c/c

- B = 0,1   c/c

On ne peut qu’être frappé par la similitude de ce produit avec un autre produit expérimenté autour des années 90 à l’Institut Gustave  ROUSSY et qui portait le nom de « Poly A- Poly U » et dont nous n’avons plus entendu parler.

Le traitement consiste en des cures de 40 injections sous-cutanées en alternant le vaccin A et le Vaccin B un jour sur deux.

Un point important : l’innocuité du traitement est certaine.

Comment agit-il ?

MARUYAMA  proposait deux théories :

  • activation du système immunitaire
  • activation et augmentation de la sécrétion par l’organisme de cytokines, en particuliers des interférons.

 

Il n’est pas très facile d’obtenir le produit car les problèmes liés au transport et aux douanes sont très fréquents. D’autre part, l’ordonnance d’un médecin connu de  l’institut de recherche des tumeurs japonais est obligatoire.

D’autres produits ou techniques présentent un intérêt, non pas en temps que traitement spécifique, mais comme thérapie  de soutien.

 

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